Travail d’équipe
J’adore les séances de titrage! C’est comme la diversité de population, comme le multiculturalisme: c’est de cette manière qu’on obtient les meilleurs résultats, à partir du moment où on lie le tout avec du respect.
C’est souvent la titraille qui donne de l’urticaire à une salle de rédaction… en tous cas, à la journaliste débutante que je suis. Il faut qu’un titre soit accrocheur, concis, précis, évocateur, drôle mais sérieux, original mais fidèle au contenu… Le problème avec moi c’est que mes meilleurs idées en la matière me viennent souvent en plein milieu de la nuit, trois jour après mon deadline… quand ce n’est pas trois jour après la mise en kiosque de l’article en question.
Mais une séance de titrage, c’est se réunir autour d’un bourgeon prêt à éclore et lui donner le meilleur de nous-même pour l’aider. C’est mettre en commun différentes opinions, perceptions et références. C’est éventuellement remarquer ce que d’autres n’ont pas vu, entendre un collègue exprimer de manière beaucoup plus appropriée ce qu’on avait envie de dire, mélanger les mots de chacun pour former la phrase parfaite.
Merci à l’équipe d’avoir pris le temps de m’expliquer le contenu des articles pour me permettre de participer… merci encore d’avoir aussi écouté mon point de vue…
Je suis beaucoup moins fan des vox-pop dans la rue. Et, pour être honnête, de devoir m’atteler à ce travail avec Morgane en fin de matinée ne m’enchantait pas vraiment.
Je n’ai pas de problèmes avec l’information. En ce qui concerne les opinions, les confidences ne me gênent pas mais je suis encore assez mal à l’aise avec le portrait et les micro-trottoirs. Venir “péter la bulle“ des gens quand ils ne s’y attendent pas, ça me rend un peu moins téméraire.
La première personne dont j’ai dû écrire le portrait, j’ai fini par lui confier que j’avais l’impression de participer à un speed-dating en compagnie de quelqu’un à qui je ne plaisais pas du tout. (Ça veut tout dire de l’idée que je me fais d’un tel moyen de rencontre.)
J’ai la sensation de devoir en apprendre le plus possible sur quelqu’un, d’avoir à m’assurer que la personne est assez à l’aise pour me confier ses réelles pensées et non pas ce qu’elle pense que je veux entendre tout en faisant attention à ne pas trop m’éterniser pour qu’elle ne se lasse pas de me voir.
Résultat: j’ai souvent beaucoup de mal à obtenir tous les renseignements que je souhaiterais.
Mais finalement l’expérience n’a pas été si pénible que ça. La sociologue en moi a vite repris le dessus.
Comment se fait-il que l’on obtienne des réponses quasiment similaires de la part toutes les personnes que l’on rencontre? Comment puis-je expliquer que mon entourage partage la plupart de ces opinions? Comment avouer que, moi-même, j’en épouse certaines?
Peut-on parler ici d’acculturation des consciences? De conformité sociale? De hasard?
Je ne crois pas au hasard… je ne crois pas vraiment non plus aux réalités immuables. Il doit donc y avoir une explication au consensus face auquel nous avons été confrontées aujourd’hui.
Claire





Salut Claire,
Heureux de lire que tu as apprécié notre comité de titrage. Une équipe est plus forte que la somme des gens qui la compose. En bonus, nous avons un instant de complicité, de rire et de détente!
Un titre peut parfois nous paraître parfait dans notre tête, mais effectivement, la présence d’un collègue permet de le voir sous un jour qu’on n’aurait pas perçu au premier abord.
Un petit commentaire en passant, j’aime bien l’idée du blogue des stagiaires. Cela me permet d’en savoir plus sur vos expériences, vos états d’âmes. Cela me rapproche de votre travail même si j’ai un horaire parfois infernal.
Au plaisir et bonne chance dans votre vox-pop. J’ai hâte de voir si dans un autre secteur de la ville vous arrivez au même résultat.
Au plaisir de vous lire.
Raymond