Méli-mélo nocturne
Je me pose beaucoup de questions… je crois que c’est assez clair. Je m’interroge sur tout, sur rien, sur le pourquoi du comment de la chose et le comment du pourquoi de son contraire.
C’est surement pour ça que j’ai choisi ce métier. Pour pouvoir me poser des questions et en chercher les réponses sans me faire dire que je suis trop intense ou que “Y’a pas rapport de se poser autant de questions sur une si petite affaire.”
Je suppose que j’aurai pu faire de la recherche mais ça n’aurait assouvi ma curiosité qu’en ce qui concerne certains sujets précis… et je ne pense pas être prête à écrire des livres. Mais ça c’est une autre histoire.
Ma tête fourmille donc de questions de tous genres et, aussi bizarre que cela puisse être, je crois qu’au fond j’aime ça.
Le problème est arrivé cette nuit quand, alors que je rêvais à la tournure de mon article en cours, mon esprit à transposé la thématique de l’article en question sur ma propre vie.
Je ne rentrerais pas ici dans des élucubrations plus personnelles mais imaginez: vous fouillez un sujet, vous tentez d’y jeter un regard critique, vous allez récolter l’avis de différents protaganistes à ce propos… Et soudain la formulation parfaite d’une idée me vient à l’esprit. D’habitude j’apprécie ardemment ce “moment de lucidité”.
Mais là mon cerveau encore embrumé de sommeil est allé un petit loin.
Qu’en est-il de ma propre vie à ce propos? Quelle(s) hypothèse(s) s’appliquent le mieux à mon cas? Puisque je récolte l’avis de tout le monde sur le sujet, qu’est-ce que j’en pense moi? En quoi suis-je concernée?
Ce fut une nuit très mouvementée… Et encore heureux que tout le reste de la maison dormait… sinon j’aurai été dans “l’obligation” de choisir une cible pour apaiser mes frustrations.
Je vous avais prévenu, trop de questions. Il faut éviter de tout mélanger lors d’une nuit d’été.





Salut Claire,
En tant que journaliste, nous avons l’opportunité d’entrer dans l’intimité de personnes qui ont vécu toutes sortes de choses. Il est faux de croire qu’un journaliste demeure de glace et n’est pas touché par ce qu’il voit et entend.
Un journaliste est premièrement un être humain, motivé par sa sensibilité et sa curiosité. Certains événements vécu par les gens que nous rencontrons peuvent aussi faire parti de notre vécu.
Est-ce que cette sensibilité nous aide à poser les bonnes questions, à bien représenter la personne qui est devant nous? Ou encore, suite à cet article, le journaliste a-t-il besoin de prendre un espace pour lui, écrire un 2e article qui remet en question ou en évidence son propre vécu? Il y a un équilibre à respecter.
Nous n’avons pas à exorciser ou faire abstraction de notre vécu. Il nous a forgé et fait de nous ce que nous sommes. Nous devons cependant demeurer conscient de notre vécu et l’assumer.
Raymond.