Intactes convictions
J’ai passé trois jours à rencontrer et à discuter avec des personnes de tous horizons. Sexologue, psychologue, sociologue, enseignant, intervenant social (qui peut, par la même occasion, être chef cuisinier, traducteur, barman, retraité, fonctionnaire, et j’en passe…) Chacun a généreusement partagé avec moi une partie de son quotidien, de ses perceptions du monde et de ses activités. En me rencontrant et en m’ouvrant leurs bulles, ces gens se sont montrés à moi à la lumière de ce qui leur tient le plus à coeur, de ce pourquoi ils quittent provisoirement leurs emplois, leurs familles et leurs amis, de ce pourquoi ils se battent.
Sur un trottoir humidifié par la pluie, l’un d’entre eux, un ancien journaliste qui a quitté le métier, me dit que c’est un métier génial mais bien difficile. “C’est vrai, un journaliste se doit de ne pas avoir de conscience social. Je me sens libre de pouvoir la laisser s’exprimer au grand jour aujourd’hui.”
Pourtant, face à tous ces gens impliqués, qui sont eux, vous, moi et personne à la fois, je me dis que c’est faux. À mon sens, quelle que soit notre activité, c’est notre conscience (sociale, professionnelle aussi bien que personnelle) qui nous amène à donner le meilleur de nous-mêmes et nous donne notre crédibilité.
Je me sens dans l’obligation de parler de ces gens avec la même ferveur avec laquelle ils agissent. Je ne veux pas les forcer à me dire ce que je veux entendre, je voudrais simplement les présenter aux autres et parler de tout ce qui constitue leurs réalités… notre environnement.
Merci à tous les journalistes célèbres ou pas, vivants, morts ou fictifs qui vivent leur métier du plus profond de leur être et qui ont fait en sorte que je caresse, depuis 11 ans, le rêve de les rejoindre dans la sphère journalistique. Merci à tous ceux qui redorent le blason du métier à une époque où son image est entachée, simplement parce qu’ils ont gardé leurs convictions intactes.
Claire





Salut Claire,
Je suis attristé d’entendre cet ancien journaliste qui dit que le journalisme est un dur métier mais dans lequel nous ne devons pas avoir de conscience sociale.
Que ce soit en journalisme ou dans toute autres fonctions, la journée ou nous perdons contact avec notre conscience sociale, nous devenons un être terne qui ne travaille que pour faire un boulot, pour un salaire et pour quelques avantages dit sociaux.
Mais lorsque nous perdons contact avec cette flamme qui nous motive, qui donne un sens à notre vie nous ne pouvons plus faire rayonner notre implication. Le journalisme est un outil pour s’exprimer, comme la politique l’est pour d’autre. Ce n’est pas le journalisme qui doit nous dicter comment vivre pleinement notre travail. C’est notre flamme intérieure qui doit nous dire comment on utilise cet outil pour nous faire grandir et aider notre société à faire un pas de plus.
Quand notre regard journalistique s’arrête quelques instants sur la passion et la raison d’être d’une personne, nous attisons son feu intérieur, nous lui permettons de rayonner plus large et plus fort. Le journalisme est le tisonnier de notre société et qui permet d’enflammer des sphères qui auraient pu s’éteindre à tout jamais sans notre présence.
Le journalisme ne se mesure pas en cote d’écoute ou en nombre de papier vendu. Il se mesure par cette énergie que nous véhiculons d’un citoyen à un autre. Un texte écrit dans un média est comme une bouteille lancée à la mer. Si une seule personne lit le message et que cela lui donne le goût de vivre pleinement sa vie, d’être un exemple pour son entourage, le texte aura mérité que nous lui donnions forme et vie.
Raymond.