Une politique repoussante?

Une politique repoussante?

Depuis 5 mois, je suis installé à Montréal. Ayant grandi dans un petit village de la Montérégie et ayant passé mes trois dernières années d’étude au Saguenay, une nouvelle réalité s’étend devant moi: les Québécois de nationalités étrangères. J’en croise, j’en recontre aussi. Ça me permet de faire certaines constatations sur notre façon d’accueillir et d’entretenir les immigrants qui souhaitent vivre ici.

On aura beau se vanter de faire des accommodements raisonnables au Québec, on ne donne certainement pas l’impression aux nouveaux arrivants que nous souhaitons les garder pour longtemps.

Il y a bien sûr ces diplômes étrangers que le gouvernement s’entête à refuser. Ces diplômes étrangers mais qualifiés qui aideraient grandement l’immigrant à se tailler une place rapidement dans son domaine professionnel et à s’intégrer plus facilement. Ces diplômes étrangers qui, s’ils étaient valider par le Québec, pourraient largement aider notre société qui en arrache entre autres en santé.

Mais là n’est pas l’unique problème que croise un nouvel arrivant sur son passage. J’ai la chance de cotoyer plusieurs de ces immigrants. Fort sympathiques d’ailleurs. J’ai deux exemples à partager avec vous aujourd’hui, qui m’ont un peu étonné :

- Exemple #1: Olivier vient de la Côte d’Ivoire. Depuis 4 ans, il est au Québec, où il est entré en tant qu’étudiant. Olivier n’étudie plus, il travaille maintenant. Un petit boulot dans un resto qui lui permet de vivre ce qu’il y a de plus normal. Mais Olivier est loin de se sentir Québécois: il doit encore payer chaque année un montant de près de 1000$ pour ses assurances-santé. Un service gratuit pour n’importe quel Québécois. Mais pour un immigrant installé depuis 4 ans, et bien là, on parle de tout autre chose! Hein?

- Exemple #2: Rodrigo vient du Mexique. Il est à Montréal depuis quelques mois, pour voir et vivre cette ville du Québec. Après multiples découvertes qui l’ont charmé, il souhaite maintenant venir étudier ici. Et bien, ne me demandez pas pourquoi, mais si Rodrigo veut étudier au Québec…il doit retourner au Mexique. Vous m’avez bien entendu. Il doit retourner au Mexique pour faire officialiser ses papiers, obtenir les permissions, etc. Un investissement pour un billet d’avion aller-retour s’impose donc, en plus des déboursements pour son visa d’étudiant et toute cette captivante paperasse. Un montant important qui pourrait démoraliser n’importe qui. Mais Rodrigo tient à son projet. Et le Québec de lui répondre: «Retourne chez toi si tu veux vivre ici l’ami!»

C’est certain, il y a des questions à se poser sur ces deux histoires. Fait-on vraiment une place accueillante pour ces immigrants qui veulent vivre ici? Ou leur fait-on plutôt comprendre qu’ils sont mieux de s’en tenir à la base, se trouver un petit boulot pour survivre, payer plus cher qu’un Québécois né ici s’ils veulent espérer se tailler une place (aussi minime soit-elle) au Québec?

J’en reste ici pour aujourd’hui. Je demeure à l’affût, j’observe et j’apprends. Je réfléchis aussi. Parce que la question de l’immigration au Québec n’en est pas qu’une de culture et de nation, mais de réflexion sur nous-mêmes, et sur ceux qui constituent notre société.

Gabriel.

Publié dans: on janvier 22, 2008 at 6:35

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