Nouvelle destination: Turrialba
Bonjour,
aujourd´hui, nous quittons la capitale de San Jose pour nous diriger vers les tresors du Costa Rica: sa nature verte et grandiose. Depuis longtemps, on nous dit que ce ne sont pas les villes qui caracterisent le Costa Rica, mais bien ses lieux eloignes, ses jungles qu´on ne retrouve nul part ailleurs, ses volcans dont on entend tant parler.
Grace à cette nature, les Ticos ont pu se construire une economie forte autour de l´eco-tourisme et peuvent aujourd´hui beneficier de la visite de nombreux etrangers venus voir ce cote exceptionnel du Costa Rica chaque annee.
Une nouvelle aventure
A San Jose, notre groupe a pu recolter beaucoup d´informations. Nous avons aussi pu constate l´ecart qui peut exister entre les riches et les pauvres. Nous avons compris aussi que San Jose est de loin plus americanisee que les capitales des autres pays environnants. Les blancs ici ont l´argent.
Hier, j´ai visite La Carpio, bidonville de San Jose dont on ne pourrait douter l´existence à partir du centre de la ville. Ici, ceux qui n´ont rien, ce sont les immigrants du Nicaragua et du Guatemala venus chercher une meilleure vie. Le Costa Rica, c´est l´espèce d´El Dorado de l´Amerique centrale.
Nous nous dirigeons donc ce matin vers Turrialba, une petite ville de 30 000 habitants, perdues dans le creux des montagnes au pied d´un volcan. Là-bas, deux familles nous accueilleront pendant notre sejour dans ce petit coin de pays, et beaucoup de rencontres avec des gens du milieu politique, du monde de l´enseignement, du tourisme, de la religion sont à l´horaire. J´ai bien hate de voir ce que nous revelera cette fois une autre ville du Costa Rica, cette fois bien ancree dans la nature.
 bientot,
Gabriel.
P.S. Hier soir, il n´a pas arrete de pleuvoir. C´est le premier matin où nous avons des averses. Mais ce n´est pas si grave car nous passerons l´avant-midi en autobus!
Une politique repoussante?
Une politique repoussante?
Depuis 5 mois, je suis installé à Montréal. Ayant grandi dans un petit village de la Montérégie et ayant passé mes trois dernières années d’étude au Saguenay, une nouvelle réalité s’étend devant moi: les Québécois de nationalités étrangères. J’en croise, j’en recontre aussi. Ça me permet de faire certaines constatations sur notre façon d’accueillir et d’entretenir les immigrants qui souhaitent vivre ici.
On aura beau se vanter de faire des accommodements raisonnables au Québec, on ne donne certainement pas l’impression aux nouveaux arrivants que nous souhaitons les garder pour longtemps.
Il y a bien sûr ces diplômes étrangers que le gouvernement s’entête à refuser. Ces diplômes étrangers mais qualifiés qui aideraient grandement l’immigrant à se tailler une place rapidement dans son domaine professionnel et à s’intégrer plus facilement. Ces diplômes étrangers qui, s’ils étaient valider par le Québec, pourraient largement aider notre société qui en arrache entre autres en santé.
Mais là n’est pas l’unique problème que croise un nouvel arrivant sur son passage. J’ai la chance de cotoyer plusieurs de ces immigrants. Fort sympathiques d’ailleurs. J’ai deux exemples à partager avec vous aujourd’hui, qui m’ont un peu étonné :
- Exemple #1: Olivier vient de la Côte d’Ivoire. Depuis 4 ans, il est au Québec, où il est entré en tant qu’étudiant. Olivier n’étudie plus, il travaille maintenant. Un petit boulot dans un resto qui lui permet de vivre ce qu’il y a de plus normal. Mais Olivier est loin de se sentir Québécois: il doit encore payer chaque année un montant de près de 1000$ pour ses assurances-santé. Un service gratuit pour n’importe quel Québécois. Mais pour un immigrant installé depuis 4 ans, et bien là, on parle de tout autre chose! Hein?
- Exemple #2: Rodrigo vient du Mexique. Il est à Montréal depuis quelques mois, pour voir et vivre cette ville du Québec. Après multiples découvertes qui l’ont charmé, il souhaite maintenant venir étudier ici. Et bien, ne me demandez pas pourquoi, mais si Rodrigo veut étudier au Québec…il doit retourner au Mexique. Vous m’avez bien entendu. Il doit retourner au Mexique pour faire officialiser ses papiers, obtenir les permissions, etc. Un investissement pour un billet d’avion aller-retour s’impose donc, en plus des déboursements pour son visa d’étudiant et toute cette captivante paperasse. Un montant important qui pourrait démoraliser n’importe qui. Mais Rodrigo tient à son projet. Et le Québec de lui répondre: «Retourne chez toi si tu veux vivre ici l’ami!»
C’est certain, il y a des questions à se poser sur ces deux histoires. Fait-on vraiment une place accueillante pour ces immigrants qui veulent vivre ici? Ou leur fait-on plutôt comprendre qu’ils sont mieux de s’en tenir à la base, se trouver un petit boulot pour survivre, payer plus cher qu’un Québécois né ici s’ils veulent espérer se tailler une place (aussi minime soit-elle) au Québec?
J’en reste ici pour aujourd’hui. Je demeure à l’affût, j’observe et j’apprends. Je réfléchis aussi. Parce que la question de l’immigration au Québec n’en est pas qu’une de culture et de nation, mais de réflexion sur nous-mêmes, et sur ceux qui constituent notre société.
Gabriel.
Une histoire de communication…et de hambuger
Une histoire de communication…et de hambuger
Bonjour,
Cette fin de semaine, comme je vous l’annonçais la semaine dernière, je me suis incrusté au Château Frontenac pour le congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). L’événement prenait place toute la fin de semaine. Je n’y étais que le samedi.
Comme prévu, sur l’heure du dîner, je suis allé casser la croûte avec quatre des huit participantes au projet Costa Rica. Au menu, les impressions sur le projet jusqu’à maintenant, les priorités, et pour moi, un hamburger bacon fromage!
L’impression qui semble ressurgir de notre entretien n’a rien d’un rêve : tous les commentaires partagés à cette table ronde m’ont fait mention d’incertitude par rapport à ce qui va se passer, de manque de communication, d’une insatisfaction générale. Heureusement, rien pour me perturber, car c’était aussi mon point de vue jusqu’à maintenant.
Toutes ces étudiantes en journalisme sont au Saguenay. Dominic est en Afghanistan. Je suis à Montréal. Et on doit faire avancer le projet du mieux qu’on peut. Il faut comprendre que mon but, en convoquant ces demoiselles à un dîner de discussion, était justement de créer la communication manquante jusqu’à maintenant, de commencer à mieux se connaître et d’établir des priorités, afin que tout le monde sache par où on s’en va. Aujourd’hui, je pars plus en confiance.
On va maintenant se donner des nouvelles au minimum une fois par semaine, directement, sans passer par aucun intermédiaire. Il nous faut du concret.
Pour les priorités, on doit préparer notre première formation de pré-départ qui aura lieu la fin de semaine du 8 décembre, donner des idées de sujets pour le stage au Costa Rica et pratiquer notre espagnol.
Finalement, je peux vous affirmer que mon hamburger bacon fromage était excellent.
Gabriel.
N.B. Lors du congrès de la FPJQ, j’ai assisté avec Raymond Viger à un échange ma foi fort intéressant entre journalistes et personnalités publiques sur le travail des journalistes par rapport aux dits «accommodements raisonnables». Un retour nécessaire à mon avis sur tout ce qui s’est passé. Somme toute, la plupart des gens semblaient s’être rendu compte qu’il y avait eu des erreurs majeures de commises, et des dérapages abusifs. Espérons, et je vous invite à observer la chose dans les médias, que le sujet sera traité désormais avec plus de professionnalisme et d’intégrité (et non d’intégrisme).
Accommodements raisonnables: dialogue de sourd?
Accommodements raisonnables: dialogue de sourd?
Le débat sur ce qu’on appelle communément les «accommodements raisonnables» suit son cours avec la commission Bouchard-Taylor qui fait son tour du Québec, et avec le Parlement qui s’obstine à savoir s’il y a trop d’immigrants, pas assez, s’il faudrait les tasser plus par là, ou plus par ici, etc.
Mais dans toutes ces discussions entre Québécois de souche, j’ai l’impression qu’on oublie un petit quelque chose…ha oui, les immigrants eux-mêmes! En fait, on ne les oublie pas vraiment, on parle d’eux, notre dos leur faisant face, carrément. De la façon dont je vois tout cela se dérouler, le Québec se pose encore une question existentielle, et achèvera le tout probablement sur une autre solution vague.
Il me semble que si on souhaite vraiment accueillir des étrangers chez nous, et leur transmettre notre culture, un peu de notre façon de voir les choses, il y aurait un autre moyen que de leur dire : «Attendez un peu, on parle de tout ça entre nous, et on vous revient avec ça». À l’heure qu’il est au Québec, je n’aimerais certes pas, en tant qu’immigrant, regarder les nouvelles. De quoi rappeler de mauvais souvenir à certains d’entre eux qui ont déjà dû quitter leur terre d’origine à cause d’une haine évidente à leur endroit…
Je crois sincèrement que les Québécois (car ils sont bel et bien des Québécois) nouvellement arrivés ici devraient s’impliquer hardiment dans le débat qui fait des siennes depuis peu dans notre belle province, et cela même s’ils ne se sentent apparemment pas les bienvenus. Ils doivent nous dire eux aussi comment on peut les aider à s’intégrer avec nous. Et que les Québécois de souche (car c’est ainsi qu’ils aiment se faire appeler) leur fassent la place qu’ils méritent. Discutons ensemble, pour mieux se comprendre!
Gabriel




