Dur dur…
Le Vox Pop, c’est aborder les gens dans la rue avec un grand sourire qui dit tout (je vous en prie, arrêtez-vous que je termine ce vox pop avant la tombée de la nuit!!) et rien (devenu vite automatique, le sourire perd de son sens et de sa sincérité au bout d’une dizaine de refus plus au moins agréable…)
Avec pourtant en guise de micro une petite enregistreuse de la taille d’un mp3, et non pas une grosse caméra (celle qui fait peur à nombre de passants) mais une petit appareil photo numérique… Claire et moi sommes parvenues à effrayer. Faire fuir. Faire mentir.
Le vox pop donne ces pouvoirs, en effet. Nous sommes devenues tyrans ou parasites… dépendamment du point de vue. Nous voulons leurs mots, mais aussi leurs noms. Et si ce n’était tout… mais non! Il nous faut également leur photo.
Alors certains baissent les yeux pour ne pas rencontrer notre regard… au cas ou nous aurions une mini caméra intégrée dans l’oeil qui prendrait des photos à leur insu. D’autres ont le visage qui se fige à notre approche, et tout d’un coup se révèlent une passion, un intérêt tout particulier pour leur montre… L’impératif temps sous leurs yeux, ils accélèrent aussi leur pas.
D’autres encore, nous ignorent. Mais avec tellement peu de naturel! (Ce qui confirme ma conviction: ce n’est pas donné à tout le monde d’être acteur) Quoique une dame s’est mise à siffloter au son de mon “bonjour madame”… toujours en accélérant le pas… mais que de plus normal que de prendre de la vitesse sur le rythme de sa propre musique!
Mais si nous avons terminé notre vox pop hier, c’est bien parce que certains passants ont répondu à nos avances, ont été flatté par l’objectif et enthousiasmé par l’idée de paraître dans un magazine! Pas tout le monde a peur du journaliste en quête d’opinions. Nos sourires n’ont pas toujours été vexés. Heureusement.
Morgane