Reflet des stagiaires

Les anecdotes et la vie des stagiaires en journalisme pour Reflet de Société

Décroissance et développement durable : utopie bourgeoise ou réalité écologique ?

Le terme de décroissance est venu ces dernières années concurrencer férocement la question du développement durable.

Qu’en est il aujourd’hui ? Quels sont les enjeux de ces deux modèles économiques dit respectueux de l’environnement ? Sont ils viables dans le contexte actuel d’extrême pauvreté de certains pays ?

Pour répondre à toutes ces questions, il est nécessaire de s’interroger sur la définition même et l’origine de ces concepts.

Un développement durable insoutenable ?

Le développement durable est la première fois énoncée par la ministre de l’environnement norvégienne Gro Harlem Bruntland en 1987 dans un rapport qui porte son nom.

Ce rapport définit alors que le développement durable est « « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Évidemment cela reste vague bien que ce principe est devenu le filin conducteur des politiques environnementales mais aussi économiques adoptées par diverses instances internationales ou nationales durant la dernière décennie.

La directive la plus connue est le protocole de Kyoto ratifié par 172 pays à l’exception notable des Etats-Unis (bien que nous pouvons espérer un changement de cap de la nouvelle administration Obama). Ce sommet a permis d’engager des mesures concrètes en ce qui concerne la baisse d’émission des gaz à effet de serre obligeant les pays signataires à diminuer ces émissions.

Mais ce protocole est plein de défauts venant autant du système qui l’a instauré que ceux qui tentent de l’appliquer. Lorsque l’on évoque le système, on pense au capitalisme et en particulier à la mondialisation et au libre-échange, en effet Kyoto permet à chaque pays de disposer d’un permis de polluer basé sur sa population et sa part de production dans le commerce mondial, mais là où se pose un problème, c’est la possibilité de revendre ou d’acheter ces dits permis entrainant un commerce de la pollution réduisant à néant les limites imposées. À cela s’ajoute le fait que l’on demande le même effort à un pays occidental développé type Union Européenne, qu’à un pays en voie de développement type pays d’Afrique Noire, seulement leurs capacités sont bien différentes, l’un vit tandis que l’autre survit, l’un se soucie de son avenir pendant que l’autre affronte le présent.

Pour le moment le développement durable et parfois dit soutenable ne l’est pas pour tous, car ce concept fut créé sans concertation et sans tenir compte des réalités de la planète, et l’on ne peut pas nous demander de faire passer la planète de manière prioritaire tant que tous les hommes ne sont pas capable de subvenir à leurs besoins essentiels (nourriture, eau, logement, soin, alphabétisation…).

La décroissance, faut il faire passer la planète avant l’être humain?

Dans une perspective bien différente et avec des moyens autres, la théorie de la décroissance prend de plus en plus de place dans le débat public.

À la base, cette théorie économique est développée par Nicholas Georgescu-Roegen, homme politique roumain et universitaire. La base est une contestation de l’idée que la croissance économique pourrait être durable en raison de la raréfaction des ressources naturelles, et des dommages sur le climat et l’écosystème.

Cette théorie a surtout été reprise par des mouvements proches de l’extrême-gauche ou par des organismes comme Attac. Se dire de la décroissance revient à se battre contre le système lui-même puisque nous évoluons dans une société productiviste qui vise toujours un meilleur rendement au moindre coût.

Les théories économiques restent souvent à l’état abstrait avec une forte difficulté de démonstration mais si l’on y regarde de plus près toutes les conditions pour arriver à une décroissance sont réunies, épuisement du pétrole mais aussi du gaz, du charbon, du cuivre, du nickel ou du cobalt. Or sans ces ressources, les principales industries mondiales (automobiles, acier, construction…) sont vouées à produire moins s’ils s’adaptent ou à disparaître s’ils restent sur la même lignée de production.

Malheureusement, encore une fois, les partisans de cette perspective économique oublient que tous les êtres humains ne peuvent pas ralentir leur production, que nous vivons dans un monde où la croissance est le leitmotiv de toute économie qu’elle soit capitaliste ou socialiste, et bien que certains pays, comme le Brésil, sont parvenus à diversifier leur production dans un but de préservation des ressources (la production d’éthanol par exemple), de nombreux pays d’Afrique ne disposent ni du climat, ni de la formation adéquate pour se lancer dans de telles diversifications.

La décroissance est une belle utopie, qui si on veut qu’elle fonctionne, doit être faite de façon globale et donc que les pays dits riches soient en mesure de supporter leur propre baisse de production et celles de leur voisin moins développé. Et je crois que tout le monde peut s’accorder à dire que l’altruisme n’est pas la ligne directrice des pays développés.

La crise économique est liée d’une certaine façon à la crise écologique et la réponse qui doit être donnée ne peut être que globale, et non pas localisée. C’est l’occasion de refonder un système qui pour le moment ne favorise ni l’Homme, ni la planète. La réunion du G20 à Londres n’a finalement était qu’une mascarade où l’on a joué le jeu du politiquement correct avec la liste dévoilée des paradis fiscaux, ou les aides données au Fonds Monétaire Internationales qui continuera d’appliquer des politiques d’ajustement typiquement occidentales dans des pays qui ne le sont pas.

Robin Drevet

 

avril 5, 2009 Posté par refletdesstagiaires | Robin | , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 commentaires

Les orientations sexuelles : on a tous des reproches à se faire

La décision de faire un billet sur les orientations sexuelles me vient de réflexions de plusieurs semaines.

Je ne vais pas faire un rappel de qui peut être quoi et comment on le devient, je pense que tout le monde est déjà plus ou moins au courant.
Je voudrais plutôt aborder les difficultés ressenties par toute personne qui se découvre que ce soit hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle.
Pour cela je vais les voir les unes après les autres.

Commençons par l’hétérosexualité, cela peut paraître étrange mais il y a de nombreuses difficultés aujourd’hui à vivre une vie épanouie hétérosexuelle. Bien sûr l’épanouissement y est plus simple, l’acceptation ne pose pas de complications particulières non plus pourtant la société nous impose des comportements contre lesquels il est souvent bien dure de se révolter.

La question de l’hypersexualité et de la question de la femme en est une première, la petite fille se voit souvent enfermée dans le modèle de la Femme hétérosexuelle comme un objet qu’il soit de désir ou de service. Le garçon se voit presque imposé d’avoir sa première relation sexuelle avant l’âge adulte ou de mentir pour ne pas rester «le puceau» de son groupe d’amis (voir le nombre de films fait sur cette problématique). L’homme reste aussi enfermé dans des règles hétérosexistes qui se sont vus révélées par la montée des courants féministes ces 30 dernières années. Car finalement vouloir exposer sa virilité, se montrer puissant et protecteur, chercher l’affrontement, est ce un réel choix ou des comportements imposés par des normes dont le non-respect entraine des conséquences gênantes voir désastreuses (raillerie, confiance en soi, estime, suicide…)?

Pour ce qui est de l’homosexualité, il y a trois aspects principaux à observer.
Tout d’abord se l’assumer à soi, cela rejoint un peu le dernier point soulevé sur la question de l’hétérosexualité, lorsqu’un homme ou une femme se sent attirer par des personnes de même sexe que lui, il/elle se sent étranger, rejeté(e) même si ce n’est pas le cas, et souvent il y a une période de refus de l’accepter car il faut alors désapprendre ce qui a été enseigné.

Après l’avoir assumé en soi, il faut pouvoir le dire autour de soi, souvent en premier à des amis proches puis sa famille mais de nombreux facteurs se mettent en opposition: religion, morale, préjugés, incompréhension, peur… et c’est dans ces périodes que l’on voit les plus haut taux de suicides dans la jeunesse.
La dernière étape c’est la vivre cette homosexualité, et malgré les avancées incontestables faites dans de nombreux pays, l’homophobie est toujours fortement présente, de plus le monde homosexuel n’est pas toujours simple à aborder. C’est le paradis de l’individualisme, du paraître, de l’inconscience permanente et de l’éphémère, mais ne pas le fréquenter c’est se créer des difficultés sur la possibilité de trouver un partenaire, et malgré Internet et la multiplication des sites de rencontre, la solitude sentimentale est très forte chez les homosexuels (plus souvent homme que femme), solitude se renforçant fortement dépassé l’âge de 30 ans.

 
Le dernier point et non le moindre qu’est la bisexualité n’est pas un mélange des deux premières orientations, il en existe plusieurs, certaines personnes sont à dominante hétérosexuelle, d’autres homosexuelle, et les facteurs du désir physique et de la relation sentimentale fait beaucoup varier la façon de vivre leur sexualité. Les hétérosexuels voient souvent les bissexuels comme des personnes qui veulent être à la mode (la femme bisexuelle est souvent vue comme une «salope» tandis que l’homme s’assume rarement). Quant aux homosexuels, ils rejettent les bissexuels car vus comme des homos qui ne s’assument pas.

 
En bref cette dernière orientation est souvent niée rendant l’existence de ces personnes encore plus difficiles.
A cela s’ajoute le certain manque de satisfaction avec l’un ou l’autre des partenaires, surtout que l’on ne trouve pas les mêmes attentes selon le sexe du partenaire, de plus les relations sociales sont rendues plus difficiles d’accès car l’on croit toujours à une certaine ambiguïté.

Pour conclure, on peut donc dire que les orientations sexuelles sont en changement constant de leur identité, dans une construction permanente les unes par rapport aux autres. Et c’est lorsque que chacune d’entre elles s’acceptera dans ses différences et ses complémentarités que les inégalités et l’épanouissement pourra se faire, tout le monde y sera gagnant. La diversité sexuelle est un trait normal de la vie en générale qu’elle soit animale ou humaine, et sur ce point nous avons encore beaucoup à parcourir par rapport à nos amis à poils, à plumes etc.

Robin Drevet

 

février 3, 2009 Posté par refletdesstagiaires | Robin | , , , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Verdict

Verdict

Après 4 mois passés dans les locaux du journal Reflet de Société, il est venu le temps pour moi de faire mes bagages et de migrer vers d’autres horizons.

Je me suis senti donc l’envie de donner mes impressions sur ce que j’ai vécu ici et les faire partager aux prochains stagiaires de ce journal.

C’est avec un peu d’appréhension que j’y suis arrivé ne sachant pas trop dans quoi je m’embarquais alors car bien que les sujets m’intéressaient, je ne savais pas si la voie du journalisme serait le meilleur moyen de parvenir à mes fins.

Car oui je ne suis pas venu ici pour faire du journalisme, aussi étrange que cela puisse paraître, j’étais en premier lieu intéressé par les domaines ciblés, et je me demandais si la presse écrite pouvait réellement être utile à la cause que défend Reflet de Société. 

Qu’est je donc retenu de cette expérience ?

Tout d’abord le partage est nécessaire pour faire avancer toutes ses causes, et dans le terme de partage j’entend le fait d’offrir à des personnes curieuses le droit de comprendre et de savoir comment notre monde tourne, de montrer avec un regard le plus neutre possible ce qui se passe réellement juste à côté de chez nous mais que l’on ne voit pas ou que l’on ne veut pas voir.

Ensuite j’ai compris que le journalisme est seulement un moyen et non une fin en soi, c’est-à-dire que les personnes qui y voient seulement un métier, une manière de vivre, un emploi n’ont pas compris la fonction du journaliste. Nous sommes seulement des intermédiaires de vulgarisation, des plumes qui enregistrent et recrachent. Certains me diront que c’est rabaisser le journaliste à une machine sans pensée mais cela serait pourtant le meilleur de tous car donner de l’information exclu tout jugement personnel. Le journaliste ne doit jamais se mettre en arbitre ni en juge, juste en greffier.

Mais pour nuancer mes propos ci-dessus, il ne faut pas oublier que nous restons des êtres humais doués de raisons et surtout de sentiments, et qu’il ne nous est pas toujours possible de se détacher de nos sujets à traiter, mais c’est peut être aussi toute la force d’un article, d’être convaincu de son opinion tout en montrant que l’on est capable de laisser les autres opinions s’exprimaient.

Tout ce que je viens de dire, je les appris dans ce journal, et c’est à mon humble avis, une des meilleurs façons de rentrer dans la vie active.

Je souhaite que tous les futurs stagiaires qui passeront dans ces locaux y trouvent ce qu’ils sont venus y chercher ou comme moi partent à l’aveuglette et en ressortent changés.

Merci de m’avoir laissé ma chance.

Robin Drevet

janvier 30, 2009 Posté par refletdesstagiaires | Robin | | 2 commentaires

Le congrès de la FPJQ, un élan de pessimisme traverse le journalisme québécois :

 

Le 5, 6 et 7 décembre 2008 s’est tenu à Québec le congrès de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (FPJQ), rassemblant environ 700 personnes de tous bord reliés uniquement par leur travail dans le milieu de la presse (on y comptait des journalistes, des éditorialistes, des directeurs de publications, des rédacteurs en chef de la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle).

Organisé par atelier, j’en ai assisté à trois. Et finalement j’ai l’impression d’avoir assisté à un cycle sur la fin de la presse écrite et l’avènement du numérique, c’est un problème certes inquiétant pour nos publications mais l’angle abordé était souvent bien pessimiste et quelque peu alarmant.

Bien sur tout cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce congrès, qui était fortement instructif, mais pas de la manière dont je m’y attendais. Le leitmotiv de ce congrès étant Internet, il convient de s’y arrêter. Pour les uns c’est l‘aubaine, pour les autres le désastre.

Commençons par le désastre vu que c’est dans ce domaine que les journalistes se différencient (encore hier un journaliste faisait remarquer que ces auditeurs se plaignaient qu’ils soient seulement porteur de mauvaises nouvelles).

Ils se sont principalement centrés sur le désastre économique avec ce qui concerne les revenus publicitaires qui disparaissent des médias avec en cause le géant google, et en particulier son outil de recherche intitulé google actualité. En effet les annonceurs n’ont plus de raisons valables de publier leurs pubs dans les médias écrits vu l’audience qu’ils peuvent toucher sur Internet. Il y a évidemment du juste dans cette affaire là mais on a oublié d’autres pans importants dans la révolution qu’Internet fait dans la presse écrite.

Avant de revenir sur ses aspects quelque peu négligés, voyons les aubaines offertes par l’Internet au média, tout d’abord c’est une plate-forme où l’on est susceptible de toucher un public très large et très diversifié et donc par exemple on peut être en capacité de faire une étude de marchés approfondie pour un lancement de magazines. De plus il y a des opportunités de pouvoir faire de la publicité pour sa publication à prix très réduit car ce qui fonctionne pour les annonceurs fonctionne aussi pour la presse écrite.

Malheureusement à trop vouloir penser en tant que homo œconomicus, on oublie un peu le journaliste lui-même. Il y a certaines choses dont on n’a pas parlé dans ce congrès et qui sont à mes yeux bien plus importantes que de savoir si la presse écrite doit se réinventer (la réponse étant d’ailleurs universellement connue). Je n’ai pas entendu parler des nouveaux ouvriers de la presse, ces journalistes qui publient les articles de Reuters et de l’AFP (agence de presse) sur leur site respectif et qui sont payés des misères (en dehors de Michel Labro, directeur de publication du Nouvel Observateur, qui nous a dit qu’un journaliste n’avait pas à être payé plus).

De plus, à écouter les intervenants, j’ai longuement entendu des débats sur le format (papier, papier numérique, magazine électronique, manchette sur téléphone portable…) mais on a peu entendu sur le contenu, à croire que critiquer les journalistes peuvent, s’autocritiquer cela devient plus dur.

Je ne suis pas spécialiste mais pourtant, on peut émettre de la critique sur le métier journalistique, sa recherche du scoop au détriment de toute éthique, sa non-vérification des sources, son manque d’esprit critique etc. etc.

En conclusion, je peux donc dire que ce congrès a été formateur pour me faire réaliser que le journalisme traversait réellement une crise qui n’est pas conjoncturelle (liée au contexte de l’Internet), mais plutôt une crise structurelle, ce que les journalistes ont du mal à concevoir, ils se positionnent toujours par rapport à d’autres, et ne se regardent jamais assez, comme s’il se considérait trop parfait.

Robin.

décembre 10, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | , , , , , , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Dirigeants du Monde, un peu de décence et de responsabilité

Le 10 décembre 1948, l’Organisation des Nations Unies adoptait la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, texte fondateur pour la politique de nombreux États.

Seulement, qui sait que nous en fêtons les 60 ans aujourd’hui? Personnellement je ne m’en rappelais pas et il m’a fallu passer devant le manifestival d’État d’Urgence (Événement organisé sur Montréal pour les sans-abris) pour y voir une pancarte annonçant cet anniversaire, cette dernière a été comme un coup de poignard quand on sait que ce texte prône l’égalité universelle et la décence et que les sans-abris, surtout à Montréal, vivent dans tout autre chose que la décence ou l’égalité.

Je me suis alors demandé où en sommes nous aujourd’hui sur la question des droits de l’Homme (qui porte d’ailleurs déjà dans son terme une coquille propre à la langue française, et les Femmes alors?)?

Bien sûr on nous répondra que comparativement aux années d’après guerre, il y a eu beaucoup d’évolutions en particulier sur les droits de la Femme, des Enfants…pourtant certaines choses restent encore à améliorer et il y a du travail!!!!

Si l’on regarde le monde occidental (Europe, Amérique du Nord, Japon), ce sont en général des États de droit qui garantissent une justice égalitaire pour tous sans distinction de race, de sexe, d’orientation sexuelle et de classe, qui laissent au peuple le choix de décider, bref la démocratie moderne.

Pourtant certaines populations sont moins bien loties que d’autres : la population homosexuelle reste encore discriminée (unions civiles, travail), les femmes victimes de violences conjugales (une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint), et sans compter tous les marginaux qui ne trouvent pas sa place dans la société qu’on leur propose. Il existe en plus des disparités à l’intérieur de ces pays, la question de l’assurance-maladie, la retraite, l’accès au marché du travail sont très présentes aux États-Unis.

De plus est ce que la démocratie que l’on nous propose est réellement la réponse aux besoins et envies du peuple? Est-ce que le vote est le seul moyen d’expression de la volonté populaire? En dehors de certains pays où la grève et les différents mouvements sociaux sont un moyen de se faire entendre, de nombreux pays sont sous la pression de lobby d’entreprises et secteurs divers. Peut-on réellement parler de droits de l’Homme dans ses conditions? Ne serait ce pas plutôt la loi du marché qui prédomine, comme on peut le voir ces derniers temps avec les sommes faramineuses consacrées à la sauvegarde des marchés boursiers, au détriment de la population endettée de divers crédits et hypothèques?

Mais pour admettre cela il faudrait que ces pays fassent une introspection de leur manière de fonctionner, et reviennent dans l’esprit de la démocratie et de leurs constitutions qui toutes disent agir par et POUR le peuple. Lorsque les États-Unis refusent de s’investir dans le combat environnemental, n’est ce pas le droit des générations futures qu’ils spolient? Quand l’Union Européenne décide d’adopter un décret pour renvoyer les immigrés clandestins chez eux (ce que la France fait depuis maintenant plus de 2ans), n’est-ce pas refuser à des Hommes et Femmes la volonté de trouver un endroit plus propice pour eux-mêmes et leur famille?

Certes vous pouvez me répondre qu’il y a pire ailleurs et c’est justement là le problème, à force de toujours se comparer avec l’Autre : Saddam Hussein ex-dictateur irakien, Vladimir Poutine premier ministre russe, Hu-Jintao « président » de la République POPULAIRE de Chine, ou encore Fidel Castro et le colonel Kadhafi, on oublie de se regarder soi-même, alors sûrement que notre Occident est plus développé, plus démocratique, plus juste et égalitaire que ces territoires mais est-ce une raison suffisante pour oublier ce qui n’ont pas accès à ces grandes valeurs chez nous?

Je ne dis pas de ne pas aller aider ceux qui souffrent plus que nous, ce serait être ethnocentrique et nationaliste (deux termes que je hais par-dessus tout), mais faire croire à ses concitoyens qu’ils sont bien lotis parce qu’ils ne souffrent pas d’épidémie de choléra, de la faim ou du froid, c’est oublié tous les sans-abris, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un traitement convenable, qui ont du mal à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Donc pour la célébration de l’anniversaire de ce texte fondamental, avant de jeter la pierre au Zimbabwe, à l’Iran, à la Lybie, ou à Cuba, pensons aussi regarder du côté de la Somalie, du Botswana, de la Corée du sud qui sont des exemples de pays qui garantissent des droits pour leur population mais dont on entend peu parler, et du côté du Canada, de la France, des États-Unis qui tentent de rogner de plus en plus nos droits acquis de longues dates. À croire que pour être médiatique dans les pays émergents il faut être dictateur, sexiste, homophobe, extrémiste…

Messieurs et Mesdames les dirigeants du monde moderne, n’oubliez pas que vous avez sous votre responsabilité des Hommes et des Femmes qui font parfois face à des problèmes insurmontables et qui vous ont donné leur confiance pour les représenter, et qui attendent donc en retour que cette confiance ne soit pas utilisée à des malversations et bassesses politiques, économiques ou sociales, n’est- ce pas M. Stephen Harper, M. George W. Bush, M. Dominique de Villepin, M. Berlusconi, M. Medvedev, M. Sarkozy et autres politiciens qui ont oublié qui leur avait confié leur pouvoir et surtout qui pouvait leur reprendre.

Ce texte est un reflet d’une position personnelle et n’engage aucunement les organismes de Reflet de Société ou du Journal de la Rue, ou de n’importe qui rattaché à ces organismes.

 

Robin

 

décembre 4, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | | Un commentaire

Décrochage et échec scolaire : faille dans le système d’éducation ou problèmes générationnels?

Décrochage et échec scolaire : faille dans le système d’éducation ou problèmes générationnels?

 

J’ai décidé d’entamer une série d’articles traitant les diverses problématiques que l’on aborde dans Reflet de Société (le décrochage scolaire, la toxicomanie, le jeu compulsif, la dépendance affective, la violence…), je vais orienter ces articles en analysant les différences entre la France et le Québec.

Le décrochage scolaire est un des nombreux fléaux de la jeunesse actuelle, ce terme trouve d’ailleurs naissance au Québec avant d’être expatrié en France. Plutôt que d’en trouver les causes-ce que des sociologues, psychologues et autres spécialistes de toute sorte ont fait bien mieux que moi-, on va se centrer sur les analyses faites par ces auteurs pour comprendre pourquoi l’échec scolaire est plus ancré au Québec qu’en France.

En premier lieu, je propose de partir sur des chiffres pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène dans les deux pays :

  • Nous avons en France 14.000.000 d’élèves inscrits dans un cycle d’étude dont 12.700.000 dans un cursus pré universitaire. On a 150.000 personnes qui sortent du système sans aucune qualification soit 1.2% du total.
  • Au Québec il y a 40% des garçons et 28.4% des filles qui quittent l’école sans diplôme, et plus de 1/3 des élèves n’ont pas terminé leur secondaire dans 50% des écoles de Montréal. Numériquement, la population d’étudiants représente 1.813.859 individus, et on estime les étudiants pré universitaire à 1.559.918. Il y a 533.492 personnes qui sortent du système sans diplôme soit 34.2%.

Ces chiffres quelque peu fastidieux nous permet de nous rendre compte que la différence est assez importante pour être soulignée.

En France, nous sommes en ce moment dans un but social d’atteindre 80% de notre génération avec le diplôme du Baccalauréat (diplôme d’entrée à l’université correspondant à la fin du CEGEP) que nous sommes en passe d’atteindre. La question que l’on pourrait poser serait est-ce que les élèves français sont plus doués que les jeunes québécois? Ce à quoi je répondrai rapidement : bien sûr que non!!!!!

La cause est bien plus complexe et profonde, regardons donc plutôt du côté du système lui-même et de la pédagogie. L’éducation en France a toujours été un secteur privilégié dans les politiques publiques et l’encadrement y est donc très prononcé avec un accompagnement et une diversité importante de l’enseignement. Les réorientations se font dès l’âge de 14 ans et donc les jeunes voulant travailler vite peuvent y trouver leur voie.

Mais avec l’objectif du 80% d’une génération bachelière, ne brade t’on pas le diplôme? En effet, le système a finalement peu changé par rapport aux années 70, on a toujours le même nombre d’années, le même cursus d’enseignement alors pourquoi serait on plus diplômé que nos parents? Finalement n’a-t-on pas sacrifié en France la qualité du diplôme à la quantité d’élèves diplômés?

Cette explication pourrait être la conséquence du fait que les chercheurs québécois sont meilleurs que nos chercheurs français…pour évaluer un parcours, il faudrait regarder aussi ce qui se passe après avoir eu le Baccalauréat, quel est le parcours de ces jeunes bacheliers, s’intègrent ils dans la société et parviennent ils à faire ce qu’ils veulent faire? Et là les résultats sont inquiétants.

En effet, de nombreuses personnes se retrouvent perdues après l’obtention de leur diplôme, car il faut savoir qu’aujourd’hui avoir le Baccalauréat ne signifie plus rien sur le marché du travail. On a donc de nombreuses personnes qui se retrouvent à l’université par dépit, ne connaissant pas les autres possibilités ou simplement ne sachant pas quoi faire, de plus les frais d’inscription de notre enseignement supérieur sont très bas (en France les étudiants financent seulement à hauteur de 3% leur cursus), seulement on remarque que plus de 2/3 de ses étudiants ne finissent pas le premier cycle et se retrouve dans des positions très inconfortables face à la volonté de trouver un emploi convenable.

Peut-on alors dire que le phénomène du décrochage scolaire est moins important en France qu’au Québec ou est ce de la poudre aux yeux que nous jettent les statisticiens et les différents ministres qui se sont succédé? Je pencherai plus pour cette dernière affirmation et plutôt que de toujours vouloir faire des comparaisons, on pourrait espérer que nos gouvernements s’entraideraient pour arriver à éradiquer ce fléau qui pourrit nos jeunes, et les fait s’enfoncer dans des abîmes souvent bien plus profondes.

 

Robin

 

novembre 26, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | , , , , , , , , , , | Un commentaire

Vouvoiement à la française ou tutoiement à la québécoise?

Vouvoiement à la française ou tutoiement à la québécoise?

 

Certes il y a des différences dans l’emploi de la langue entre la Belle Province et le Vieux Pays, pourtant rien ne m’a plus choqué que l’emploi différencié de ces petits pronoms.

J’ai entendu nombre de théories farfelues sur l’emploi de ces termes, et d’autres que je trouve déjà plus réaliste, je m’attarderai donc plutôt sur celle-ci.

Tout d’abord il y a la construction en soi, bien que le Québec se dit réfractaire face aux anglicismes, il suffit de les écouter parler pour voir qu’ils emploient la langue de Shakespeare sans même s’en rendre compte, or on sait que la langue anglaise ne fait pas de distinction entre le “tu” et le “vous” employant indifféremment « you ». Cela pourrait être une première explication philologique.

Peut-on ensuite chercher des causes plus historiques ou sociologiques? Sûrement!

Historiquement, je ferais le rapprochement avec l’histoire du Québec et en particulier la période dite de la Révolution tranquille et de la libération des mœurs, en effet n’y a-t-il pas un lien entre ce rejet du moralisme conservateur et religieux et l’évolution d’une langue vers plus de familiarité, de proximité entre les individus bien que l’on retrouve encore aujourd’hui des marques du vouvoiement au moment les plus inopportuns dans le langage parlé :

- “Est-ce que tu peux me donner le sel, s’il vous plait?”

Étrange cet emploi des deux formes dans la même phrase. Peut on faire un rapprochement avec le côté guindé et prétentieux des français ou est ce encore ici une autre raison? Il doit y avoir des deux, d’un côté la France est le berceau de la règle de l’étiquette (règle de bienséance régissant tous les rapports entre personnes à la cour du roi Louis XIV, à partir du XVIIe siècle), ces règles permettaient d’instaurer une plus grande différenciation des gens selon leur position sociale.

Donc vaut-il mieux vouvoyer ou tutoyer? Le vouvoiement est il une marque de respect ou de dénigrement?

Finalement tout est question de culture, mais pour donner un avis personnel sur l’usage que l’on devrait en faire je voudrais faire remarquer plusieurs choses à mes amis les français.

Dans un pays qui se dit des Droits de l’Homme et de l’égalité, l’emploi de ce pronom n’est il pas le premier révélateur de notre manie de vouloir faire des minorités.

Que l’on vouvoie son professeur, je l’accepte car il y a un rapport de maître à élève nécessaire pour asseoir une certaine autorité, mais que l’on doive vouvoyer son patron, le juge ou le président de la République, je ne suis pas d’accord.

Finalement n’est ce pas leur reconnaître

une supériorité qu’ils n’ont pas, du moins qu’ils n’ont pas en tant que personne?

Je suis donc bien content de m’apercevoir qu’au Québec, je peux tutoyer la caissière, tout comme le policier et que cela ne choque pas, j’estimerai même les québécois plus proche d’une société libérée qu’est notre vieille France enfermée dans des traditions séculaires.

novembre 14, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

VIH et communautarisme

VIH et communautarisme

En prenant le métro ce matin, j’ai été interloqué par une publicité affichée sur les murs.

 

On y voit pas grand chose par contre on peut y lire : test VIH gratuit, résultat en 30 minutes pour les hommes gays.

 

Je me suis senti mal devant cette pub et le message qu’elle peut transmettre, en particulier avec l’histoire du SIDA telle qu’on la connaît.

Lorsque l’on découvre le SIDA dans les années 80 (ou du moins la maladie), les médias la surnomme le cancer gay, pendant longtemps la population pense que cette maladie concerne uniquement les homosexuel(le)s.

On associe rapidement ces pratiques sexuelles et la toxicomanie (une des sources de transmission du virus), la défense de ce groupe s’organise vite en particulier avec Act Up et d’autres organisations, elles dénoncent le retour d’un moralisme des conservateurs qui jugent que la maladie est un cancer qui punirait les homosexuel(le)s !

Mais le mal est fait, et encore aujourd’hui le SIDA est souvent assimilé à la population homosexuelle. Cette stigmatisation a rendu compliquée la vie de nombreuses personnes et de nombreux jeunes se retrouvent avec une difficulté supplémentaire lors de leur Coming Out (annonce à son entourage de son homosexualité) avec des parents inquiets de voir leur progéniture tomber malade.

Il est vrai que lorsque la maladie s’est déclarée, la communauté homosexuelle a été touchée plus durement, et la cause est les moeurs de la communauté qui a une tendance à pratiquer leur sexualité avec de nombreux partenaires. Pourtant on remarque que la sensibilisation a été rapide dans ce milieu et que l’ épidémie a vite régressé pour s’ étendre à la population hétérosexuelle et en dehors de la sexualité (toxicomanie).

 

Et c’est aujourd’hui que l’on remarque que cette stigmatisation a été mauvaise autant pour les gays que pour les autres, car la sensibilisation dans les milieux hétéros et toxicomanes est beaucoup plus faible, il y a seulement peu de temps que les pharmacies (du moins en France) fournissent des kits sains (aiguille et seringue propre et préservatif), peu de temps que l’on voit des campagnes de sensibilisation pour les hétéros.

 

Je ne dis pas que les homos sont devenus sains et fiables mais connaissant bien cette communauté, je n’en ai pas rencontré un seul qui ne sache pas les moyens de transmissions, ce qui est fréquent parmi mes connaissances hétérosexuelles.

Alors lorsque je vois des publicités proposant les tests de dépistages gratuits pour les homosexuels, j’aimerai savoir ce que pense un gamin de 14 ou 15 ans qui voient cette affiche dans le métro, dont les connaissances sur la maladie sont plus que vagues :

 

- Si il est hétéro, ce sera “cool apparemment cela ne me concerne pas vraiment.”

 

- Si il est homo, ce sera “comment annoncer à mes parents que je suis homosexuel, est ce une maladie?”

 

On demande encore aujourd’hui pourquoi en France plus d’1/3 des suicides sont liées à l’orientation sexuelle ? C’est vrai ça, pourquoi ??

 

Robin

 

 

 

 

 

octobre 10, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | | 4 commentaires

La France, pays de l’ égalité des sexes ?!?

 

Vous sentez peut être la polémique poindre son nez et vous n’ avez peut être pas tort !

Je me suis d’ abord laissé tenter par seulement déposer un commentaire à l’ article de mon compatriote "Les français, sexistes?", mais Monsieur Benjamin, certaines phrases ne peuvent rester impunies par la Sainte Inquisition du français féministe…

De plus, je ne risque pas de déclencher un conflit international vu que nous restons entre Grenouilles.

Après un début prometteur sur le fait qu’ une femme devrait pouvoir se vêtir comme bon lui semble, on revient rapidement à un stéréotype effroyable qui est le :  jupe courte = fille facile… La comparaison de la séduction avec un escalier est très juste mais il ne faut pas oublier qu’ on peut en tomber facilement et se faire assez mal en arrivant en bas…

Ce n’ est pas cette phrase là qui a éveillé mes pulsions de chiens de garde mais plutôt cela :

"Le français est de plus très préoccupé par l’égalité des sexes. Si une jupe trop courte nous dérange sur une femme, c’est que nous n’aimerions pas la voir sur un ami, c’est aussi simple que ça."

 

Aie aie aie, je suis très content de voir des ami(e)s porter des jupes très courtes, des décolletés très plongeants et une infinité d’ accessoires mettant en avant leur charme. Et le fait que cela puisse déranger quelqu’un peut être jugé comme du sexisme, finalement un homme se promenant dans la rue la chemise à moitié ouverte n’ attirera pas les mêmes regards des femmes ?!? Et pourquoi ? Parce que les filles aiment bien voir leur ami habiller de cette façon ? Je ne pense pas, par contre peut être parce que la société dans laquelle nous vivons sexualise bien moins le corps d’ un homme que d’ une femme ( en dehors de la communauté homosexuelle bien sûr ), il suffit pour cela de regarder les pubs, les films, les barbies, les strings existant en taille 8 ans…  et de se rappeler que la prostitution est à 90% féminine pour la satisfaction des hommes (un statut d’ objet sexuel).

Le français est préoccupé par l’ égalité des sexes dans un contexte de politiquement correct mais regardons dans les faits et dans les chiffres :

- Une femme est payée en moyenne 27% de moins qu’ un homme sur un même poste

- Une femme occupe 80% des emplois dits précaires (temps partiel imposé, Intérim, CDD…)

- Une femme gère 90% des tâches non rémunérées ( ménage, enfants, administratifs…)

- Les droits de la femme en matière d’ avortement sont de plus en plus rognés, le fétus mort-né peut être déclaré à l’ État Civil (ce qui est d’ ailleurs en train de se passer au Québec avec le C-484).

- 1 femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint

Et ce n’ est qu’ un échantillon d’ une inégalité criante compensée parce que l’ on appelle la parité ( et qui d’ ailleurs ne fonctionne pas puisque les dernières élections de l’ Assemblée Nationale donnent 23% de femmes dans l’ hémicycle). Alors préoccupé peut être mais agissant sûrement pas.

Je termine avec une citation d’ une femme française, plus ou moins fondatrice du courant féministe actuelle :

"La femme n’ est victime d’ aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux." (Simone De Beauvoir).

PS : il n’ y a évidemment rien de personnel mon cher Benjamin…

 

Robin

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octobre 3, 2008 Posté par refletdesstagiaires | Robin | | 4 commentaires